When it’s good
avril 11, 2008
You’re a prison I can’t escape
You’re a decision that I never make
Heard me laughing
You heard me weep and moan
Oh when it’s good it’s so so good
When it’s gone it’s gone
They say the time will kill the pain
I say the pain is gonna kill my time
Lord won’t you save me
Or leave me alone
Cause when it’s good it’s so so good
When it’s gone it’s gone
Oh gone
I hang your picture right above my mind
Don’t do anything you can’t deny
I could never be your pawn
Oh cause when it’s good it’s so so good
When it’s gone it’s gone
Some drink to remember
Some to forget
Some for satisfaction
Some to regret
I hope a brighter day to you I’ve shown
Oh cause when it’s good it’s so so good
And when it’s gone it’s gone
When it’s gone it’s gone
When it’s gone it’s gone
When it’s gone
Oh it’s gone
(BEN HARPER)
Monument
mars 1, 2008
Autre empreinte des lieux
Tu traces des temples au sol, et tu ne t’en rends pas compte.
Pauvre croyante, je sacralise cette terre craintive qu’à présent tu désertes, j’institue des lieux de mémoire vive, je fais des plaies au paysage : le monde doit se souvenir de nous, et l’évidence, avec violence, doit te défendre de dire que nous sommes utopiques. Le monde saigne notre rencontre. Regarde !
Mais tu t’échappes : point de statue pour enfermer ton âme anormalement légère. Tu t’échappes et tu nies l’évidence. Tu me renvoies à moi-même, tu accuses mon désir de changer nos lieux communs en promesses.
Nos monuments sont vides, et je viens seule les hanter la nuit.
Silence
février 17, 2008
11 II 2008
février 11, 2008
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Nombre de dictionnaires consultés : 7.
Nombre de versions achevées : 3.
Avant de dormir, une prière :
“Quae quoniam rerum naturam sola gubernas,
nec sine te quicquam dias in luminis oras
exoritur, neque fit laetum neque amabile quicquam,
te sociam studeo scribendis versibus esse
quos ego de rerum natura pangere conor [...].
Quo magis aeternum da dictis, diva, leporem.
Effice ut interea fera moenera militiai
per maria ac terras omnis sopita quiescant. [...]
Nam tu sola potes tanquilla pace iuvare
mortalis, quoniam belli fera moenera Mauors
armipotens regit, in gremium qui saepe tuum se
reiicit, aeterno devictus volnere amoris,
atque ita suspiciens tereti cervice reposta
pascit amore avidos inhians in te, dea, visus,
eque tuo pendet resupini spiritus ore.”
Rhétorique
février 6, 2008
Je suppose qu’il s’agit de sauver quelques jeunes hommes du suicide et quelques autres de l’entrée aux flics ou aux pompiers. Je pense à ceux qui se suicident par dégoût, parce qu’ils trouvent que “les autres” ont trop de part en eux-mêmes.
On peut leur dire : donnez tout au moins la parole à la minorité de vous-mêmes. Soyez poètes. Ils répondront : mais c’est là surtout, c’est là encore que je sens les autres en moi-même, lorsque je cherche à m’exprimer je n’y parviens pas. Les paroles sont toutes faites et s’expriment : elles ne m’expriment point. Là encore j’étouffe.
C’est alors qu’enseigner l’art de résister aux paroles devient utile, l’art de ne dire que ce que l’on veut dire, l’art de les violenter et de les soumettre. Somme toute fonder une rhétorique, ou plutôt apprendre à chacun l’art de fonder sa propre rhétorique, est une oeuvre de salut public.
Cela sauve les seules, les rares personnes qu’il importe de sauver : celles qui ont la conscience et le souci et le dégoût des autres en eux-mêmes.
Celles qui peuvent faire avancer l’esprit, et à proprement parler changer la face des choses.
Ponge, 1929-1930.
Proêmes.
PAN
février 5, 2008
Dans ce monde spéculaire où je joue mieux que toi à être meurtrière : j’ai gagné. Tu m’abats partout ailleurs.
Expérience psychotrope
janvier 31, 2008
Ça se passe dans le bruit atroce et voluptueux d’une musique breakcore qui tourne en boucle : des battements furieusement déréglés, une modernité industrielle qui déraille et qui vient frapper les parois cassantes des veines du monde, un métro synthétique dont on perd le contrôle et qui accélère dans une symphonie dysharmonique de résonances métalliques. L’esprit perd toute indépendance, est agressé dans la chair, on sent la matière du cerveau dont on ne soupçonne jamais l’existence être mâchée ; aux battements retentissants, tout finit par s’assujettir sagement.
Dans un espace de quinze mètres carrés dont les issues, une porte et deux fenêtres, sont mentalement condamnées. Tôt dans la nuit, de grandes ombres sont projetées sur les murs par de petites lampes halogènes chaudes. Leurs lumières blanches concentrées sont dirigées systématiquement vers le sol, afin qu’elles perdent de leur intensité insolente. Le plafond se trouve à une hauteur démesurée ; en exerçant sa concentration sur les ombres, on peut le faire s’éloigner davantage. Le monde est plus que jamais ici-bas.
Alors il y a une jouissance de la profondeur, des basses extrémités auxquelles on touche le nez morveux. Il y a une puissance de la chute, une puissance du corps qui tombe de tout son poids, de toute sa réalité, saignante parfois, entraînée toujours plus bas : vers le bas d’un univers infini.
Des forces vibratoires pénètrent de part en part les choses et les font voler en éclats sonores. Les mains croissantes s’abîment au sol, les corps crissants serpentent contre les murs, les membres craquants se plient de gestes incohérents, des cheveux tourmentés à un cerveau fumant sont arrachés, la chaîne en argent qu’on porte autour du coup s’accroche aux crochets d’atomes crépus, on manque de s’étrangler, on crache du sang caféiné auquel un filet de bave nous retient indéfiniment. Le lien visqueux ne se brise pas tout de suite. Du temps passe et la bouche ouverte s’assèche.
On oublie ; on t’oublie en tout cas. A la fin, je suis é-nervée.
#44
janvier 17, 2008
Sur sa nuque se brise le seul rayon du jour
Mais je ne t’oublie pas
Tu sais les phénomènes qui m’abîment parfois :
Laisse-moi être témoin du monde qui renaît
Sans cesse
Julien Gracq (1910-2007)
décembre 25, 2007
“Fiche signalétique des personnages de mes romans :
Epoque : quaternaire récent.
Lieu de naissance : non précisé.
Date de naissance : inconnue.
Nationalité : frontalière.
Parents : éloignés.
Etat civil : célibataire.
Enfants à charge : néant.
Profession : sans.
Activités : en vacances.
Situation militaire : marginale.
Moyens d’existence : hypothétiques.
Domicile : n’habitent jamais chez eux.
Résidences secondaires : mer et forêt.
Voiture : modèle à propulsion secrète
Yacht : gondole, ou canonnière.
Sports pratiqués : rêve éveillé – noctambulisme.”
Lettrines, 1967.
Lu sur Fabula.
